Capitalisme et méritocratie
Koroba

Un nombre inouï de malheureuses confusions règnent dans l'esprit du plus grand nombre. L'une d'elle, et non la moindre, stipule sans gène aucune que dans notre système économique actuel, l'effort et le travail seraient la cause de l'enrichissement. En effet, qui ne s'est jamais fait dire qu'il suffit de s'appliquer ardemment afin d'atteindre nos objectifs personnels? Ou encore que quiconque y mettant les efforts nécessaires peut réussir dans la vie, succès qui se traduit généralement par l'importance du compte en banque. Capitalisme serait donc lié à méritocratie.

Rien n'est plus faux!

Le capitalisme se défini par la distinction entre ceux possédant les moyens de production et ceux disposant de la force de travail nécessaire à leur activité. Or le simple travail, sans la propriété, n'entraîne qu'une richesse des plus modeste. Prenons à témoins toutes ces générations d'ouvriers manuels ayant sués sang et eau leur vie durant sans jamais voir ne serait-ce que l'ombre de l'opulence.

A l'inverse la simple propriété, sans travail aucun, produit de la richesse, et même en quantité fort appréciable. Comment? Par l'intérêt ou le dividende liés à la possession de placements financiers ; obligations ou actions. Et nul besoin de travailler afin d'en profiter. Ainsi, un individu possédant un avoir suffisant, disons un demi-million de dollars, pourrait fort bien se prélasser grassement à son domicile et vivre confortablement, le tout sans le moindre effort. Selon le rendement des placements de notre capitaliste, il aurait, sans même entamer son capital, toute les chances de jouir d'un revenu supérieur à celui d'un ouvrier manuel travaillant à temps pleins...

Une conclusion s'impose alors : ce ne sont ni l'ardeur au travail ni le mérite qui sont les seules sources de créations de richesse dans une économie capitaliste. C'est bien au contraire la propriété qui en est la cause la plus immédiate, sauf rares exceptions tel les self-made men. Il est donc totalement erroné, et de la plus vile malhonnêteté intellectuelle, d'associer capitalisme et méritocratie.