De l’humanité et de la nécessité de sa propre révolution
souhait pour les années à venir
Christian Labrecque

Nous constatons à chaque jour les désastres que nous causons. Ce qui conduit plusieurs d’entre nous à détester notre espèce. Mais celle-ci existe au-delà de sa condition sociale-historique présente. Les formes sociales, politiques, économiques, écologiques et autres du désastre humain sont innombrables : capitalisme, impérialisme, étatisme, patriarcat, autoritarisme, élitisme, industrialisme, anti-écologique, aliénations culturelles, intellectuelles, médiatiques, dominations et servitudes de toute sorte… Mais elles sont historiques, donc contingentes. Elles sont déterminantes mais transformables. Elles sont existantes mais nous pouvons toujours les anéantir.

L’humanité s’exprime présentement surtout à travers ces désastres. Mais l’humanité est pleine de ses potentialités émancipatrices. Son histoire se poursuit comme global anéantissement de ses libertés, de sa créativité, de ses solidarités, dans la destruction des autres espèces et des conditions écologiques d’existence des formes de vie plurielles. Cependant, sa vie peut être orientée différemment. Elle peut reprendre conscience de ses possibilités libératrices et s’actualiser dans un ordre cosmologique nouveau créatif, libertaire, communautaire, solidaire, écologique… C’est ce que je me permets de lui souhaiter pour les années à venir. C’est à ce travail révolutionnaire nécessaire de notre autotransformation radicale et progressiste que je m’engage. Je ne vois pas d’engagements aussi nécessaires pour l’universalité de notre espèce. Comme le disait Emmanuel Kant, « agis selon une maxime telle que tu puisses vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ».

Néanmoins, cette maxime qui est la mienne, je ne voudrais pas qu’elle se fige en loi édictée et gérée par des tribunaux élitistes formels ou informels qui nous diraient à toutes et tous ce que nous devons faire. Elle est une éthique qui se vit et prend sa source dans la liberté la plus radicale tout en même temps que dans la responsabilité entière qui vient avec cette liberté quand celle-ci n’est pas que licence et possibilité de tout faire, c’est-à-dire tout et n’importe quoi. Quand elle n’est pas cette licence barbare, liberté des plus forts, qui semble être la règle de l’ordre global du capitalisme néolibéral.

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