SQUATTER, QUELLE DROLE D'IDEE ?

Quelques mots sur nos intentions et pratiques

Pulvériser le marché de l'immobilier : la propriété privée permet l'accumulation de richesses aux mains de peu, alors que beaucoup doivent payer pour satisfaire leur besoin élémentaire de se loger. Face à la spéculation immobilière, aux loyers, à l'impuissance des individuEs isoléEs face aux pouvoirs publics et aux services sociaux, afin de pouvoir vivre dans de bonnes conditions et développer des projets de vie collective, nous prenons des bâtiments laissés à l'abandon, et mettons en pratique l'idée de propriété d'usage. Reprendre sa vie en main : le travail salarié nous aliène en nous volant tout notre temps. En abolissant le loyer, en permettant de partager les ressources et les frais, le squat peut réduire énormément la dépendance au salariat et permettre de se réapproprier son temps de vie.

Combattre un système inégalitaire : le système capitaliste et patriarcal ne fonctionne que par l'exploitation, le profit et les rapports de domination. Complémentaires des autres luttes d'émancipation sociale, les squats tentent dans la mesure du possible d'expérimenter au quotidien d'autres modes de fonctionnement non-marchands basés sur la solidarité, l'échange de savoir et d'outils, la libre détermination des individuEs et une utilisation réfléchie des ressources.

Créer, proposer et s'ouvrir aux gens : les squats concilient souvent lieu d'habitation et espace d'activité (gestion collective du quotidien, constructions, information, création et diffusion culturelle, débats, ateliers, jeux, mise à disposition d'outils, actions politiques). Ils ne se veulent pas des petites bulles fermées face au monde, mais essaient d'être des structures ouvertes à celles et ceux qui souhaitent lutter, rêver, s'exprimer, créer. Nous ne représentons pas une quelconque avant-garde " conscientisée ", mais une expérience en recherche de dialogue et curieuse de vos expériences.

Changer le monde : pour nous squatter n'est pas une fin en soi, cela ne peut être qu'une alternative limitée si elle reste inscrite dans une société qui ne change pas. C'est pourquoi nous voulons contribuer à une révolution sociale mettant fin aux Etats, au capitalisme et au patriarcat.

Réfléchir et évoluer : personnel et politique sont pour nous intimement liés. Pour espérer changer le monde, il faut y travailler dans tous les domaines, se changer soi-même et tenter de vivre autrement. Les squateureuses s'efforcent d'analyser et de combattre les attitudes violentes, autoritaires, sexistes, racistes, âgistes ou homo/lesbophobes qui peuvent se retrouver à l'extérieur de leurs lieux comme en leur sein.

S'ouvrir aux gens : les squats ne se veulent pas des petites bulles fermées face au monde, mais s'efforcent d'être des structures ouvertes à celles et ceux qui souhaitent lutter, rêver, s'exprimer, créer. Nous ne repésentons pas une quelconque avant-garde "conscientisée" mais une expérience en recherche de dialogue et curieuse de vos expériences.

Résister à l'ordre des choses : les squatteureuses doivent faire face à la répression incessante des propriétaires, des pouvoirs locaux, de l'état, des flics et de la justice. Les expulsions ne représentent néanmoins pas pour nous une fatalité et nous ferons acte de résistance à chaque fois que l'Etat enverra sa police pour nous déloger. Des barricades aux actions directes de soutien à l'extérieur de nos maisons, nous avons déjà prouvé que quand nous nous montrions solidaires et organiséEs, il nous était possible d'enrayer la machine répressive. En espérant votre soutien actif!

Mars 2002
Intersquat Dijon


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